28 novembre 2008

et voici la femelle ...

Le cadavre est enterré, voici ... la femelle !
(demandez à Anne la raison de ce joyeux sobriquet...)

Pour ce cadavre, nous avons fait 5 tours, ce qui donne une oeuvre finale de
25 tableaux !

C'est parti !!!

01  Sarah

C'est au dessus de la place de l'opéra qu'habitait cette vieille femme.
Je n'ai jamais su son nom, je l'aurais pourtant retenu tant le
personnage m'impressionnait.

Elle était courbée par le temps, avait une démarche lente mais
assurée et une façon si étrange de relever la tête lorsqu'elle croisait
un quidam sur son chemin. Ses yeux étaient d'un bleu si vif qu'ils en
étaient effrayants. Ses cheveux blancs étaient rassemblés en un
chignon aux contours incertains tant la vieille devait peiner à se
coiffer.

Les promeneurs baissaient la tête quand ils la rencontraient et les
enfants seulement osaient soutenir son regard, terrifiés par cette
aura mystérieuse et inquiétante qui la définissait. Personne ne la
connaissait vraiment mais elle faisait partie du quartier et tout le
monde savait exactement où elle logeait...


02 Estel

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03 Anne-Lise



04 Anne

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05 Franck

Elle est l'aube la ligne d'horizon la brume qui se dissipe comme un
trompe l'œil un acrobate titubant se cache derrière les ficelles l'avenir
trouble à reculons la nuit se lasse et son pardessus élimé sur le dos
dans l'ombre tapie une équivoque en équilibre la tâche de sang
l'inaltérable le fil s'étire au bord de la rupture une parenthèse
clandestin sans esclandre s'ouvre dans le repli les premiers pas
toujours chancelants entre le rire et les larme elle est l'aube la ligne
d'horizon
la brume qui se dissipe comme un trompe l'oeil un acrobate
titubant se cache derrière les ficelles l'avenir trouble à reculons la nuit se
lasse et son pardessus élimé sur le dos dans l'ombre tapie une équivoque
en équilibre la tâche de sang l'inaltérable le fil s'étire au bord de la rupture
une parenthèse clandestin sans esclandre s'ouvre dans le repli les premiers
pas toujours chancelants entre le rire et les larmes elle est l'aube la ligne
d'horizon la brume qui se dissipe comme un trompe l'oeil un acrobate titubant
se cache derrière les ficelles l'avenir trouble à reculons la nuit se lasse et son
pardessus élimé sur le dos dans l'ombre tapie une équivoque en équilibre la
tâche de sang l'inaltérable le fil s'étire au bord de la rupture une parenthèse
clandestin sans esclandre s'ouvre dans le repli les premiers pas toujours
chancelants entre le rire et les larmes elle est l'aube la ligne d'horizon
la brume
qui se dissipe comme un trompe l'oeil un acrobate titubant se cahce derrière les ficelles
l'avenir trouble à reculons la nuit se lasse et son pardessus élimé sur le dos dans
l'ombre tapie une équivoque en équilibre la tâche de sang l'inaltérable le fil s'étire au
bord de la rupture une parenthèse clandestin sans esclandre s'ouvre dans le repli les
premiers pas toujours chancelants entre le rire et les larmes elle est l'aube la ligne
d'horizon.

06 Anne-Lise


07 Sarah

  "Non !" me dit-il d'une voix calme mais avec une fermeté et une assurance dans ses yeux qui ne laissaient rien présager de bon. Le ton montait crescendo entre nous jusqu'à ce que, épuisés par tous ces mots jetés l'un à l'autre, nous calmions peu à peu notre échange houleux. Avant que la dispute ne reprenne, je pris mon sac et claqua la porte dans un départ que l'on pourra qualifier de théâtral.

  Le radeau tanguait plus que de raison et je commençais à me sentir mal. La grande étendue bleue frisait petit à petit et le soleil se voila en un clin d'oeil. La houle se faisait de plus en plus intense et la petite embarcation sur laquelle je me trouvais commençait à prendre vie sous mes pieds. Les creux de quelques mètres étaient accompagnés d'un vent puissant et le bateau dans un mouvement régulier regardait vers le ciel pour piquer ensuite tout droit vers la mer. Les grincements de la coque et le tintement du mat s'ajoutaient à la musique qui venait du fond de la cale. J'avais branché la radio quelques heures auparavant et Abba jouait ses meilleurs tubes au milieu d'une tempête fracassante... J'avais emmené avec moi Cachou, mon chat tigré noir et gris, qui effectuait une bien curieuse danse devant moi. Au fur et à mesure que le bateau tanguait au gré des vagues désormais gigantesques, Cachou, crinière au vent et oreilles aplaties, s'agrippait de toutes ses forces au sol et avançait puis reculait en cadence avec le bateau. Il se retournait quelques fois vers moi et poussait des miaulements sauvages dans l'espoir sans doute que je le tire de cette situation quelque peu déroutante. Le mouvement s'accéléra précipitamment, une vague vint s'écraser à mes pieds et me faucha au moment où je m'y attendais le moins. Elle me laissa étendue au sol, un peu sonnée et particulièrement énervée. cette fois-ci c'était sûr, mon départ intempestif et fracassant après notre dispute de ce matin tournait véritablement au burlesque. La tempête se calma peu à peu.

08 Anne


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09 Franck




Un rouge dégueulasse sur ta bouche
qu'en a bouffé des piliers de comptoir
et tracé de beaux dessins sur ta couche,
où des hommes se sont nourris d'histoires.

Quand ta robe automnale, au ton carné
se faufile dans des couloirs étroits,
précédant des fantômes incarnés,
ta main tremble, comme prise de froid.

Tu les collectionnes ces numéros,
des odeurs de rance et des murs crasseux,
où le crépuscule ainsi qu'un héraut
accompagne ces défilés poisseux...

A la fin, tes paupières s'agrandissent,
au milieu de ton visage livide.
Ces nuits sordides sont les immondices
où s'échouent les corps et les âmes vides.

10 Estel

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11 Anne

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12 Franck

clinquant éclat quincaille pacotille
                                    anonyme ordinaire insignifiant
quintessence casse-gueule liqueur
                                    bohème négligé incorrect cru
abject ordurier infâme salope
                                    fascinant hypnotique subjugué
bacchanale raout bringue nouba
                                    mondain profane m'as-tu-vu futile
toxico camé flash défonce trip
                                    jacasse beuglard saoulant indiscret
solitaire individu isolé
                                    remarquable coquet éblouissant
architecture monuments bâtisses
                                    obscure sibyllin énigmatique.


13 Sarah

J'étais soûl et tout s'embrouillait dans ma tête. Seul le souvenir de son rire sardonique restait dans ma mémoire. j'en étais là.

Sorcière bleue venue de la nuit, ensorceleuse cruelle aux paroles sibyllines, ta lueur blafarde étreint mon désespoir.

J'étais soûl une fois encore. L'atmosphère était enfumée et ma peau sentait la cigarette à plein nez. Le couple qui dansait devant moi me donnait le tournis. Elle, avec son chignon haut perché, son fard outrancier et ses bas résilles de mauvais goût. Lui, il avait le regard arrogant et l'allure rigide des jeunes mâles fiers. Leur danse était pathétique, ou peut-être était ce tout simplement la posture habituelle de l'amour. J'avais envie de dégueuler le monde, de hurler mon dégoût, rien ne sortait. Il y avait cependant quelque chose d'étrange dans l'air. La fête me paraissait plus dissonante que d'habitude. Le whisky que j'avais bu au cours de la soirée était pourtant le même que les autres soirs, le bar aussi je le reconnaissais, mais il y avait une odeur nauséabonde qui sortait du plancher. Ma tête tournait de plus en plus, le petit matin allait se lever et il faisait pourtant toujours aussi noir dans ce bouge.

La compilation de tangos argentins passait désormais en boucle et à un niveau sonore étourdissant. Le couple était parti s'asseoir et je recommandais un verre de whisky en hélant le patron que je pensais apercevoir entre les lumières rouges et bleues qui éclairaient le comptoir. Personne ne me répondit. Ce que je prenais pour le patron était en fait l'accumulation de trois manteaux accrochés à une des vis de l'immense étagère en bois sculpté qui surplombait le comptoir et supportait toutes les bouteilles d'alcool du bar. Digne maîtresse de ces lieux. Je comprenais encore moins que d'habitude ce qui se passait. Je me levais d'un bond, pris tant bien que mal ma veste qui était suspendue au porte-manteau à côté de la porte d'entrée, jetai un coup d'oeil incertain à l'horloge rétro accrochée au dessus de la banquette en velour du fond de la salle et ouvris en grand la double porte vitrée pour sortir. il était 10h30 du matin et à ma grande stupéfaction, il faisait nuit.


14 Anne-Lise


15 Estel

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16 Franck

Une miette de pain, finit sa course au coin de la table,
tout près de la chute, rescapée.

Elle regarde les autres s'effondrer sur le lineau,
bientôt piétinées, elle ne bouge plus.

L'heure tourne, pendant laquelle elle sait éviter
un coude, un plat, un coup d'éponge. Immobile ...infaillible technique.

C'est la fin du repas, elle est là, un carreau rouge de la nappe.

La pièce se vide, on éteint la lumière, elle a survécu.

Soudain, surgi du néant,
un doigt boudiné et brillant de salive, vient lui lécher le dos.

Sa course aérienne, en une courbe parfaite,
prend fin dans une bouche à moitié édentée.

Tout juste le temps de voir une molaire s'abattre sur elle.

Noir.

17 Anne

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18 Sarah

Avant que je ne meurs,

Uranus avait pris grand soin de moi.

Sagement assis au creux de l'obscurité,

Entouré de parois chaudes et venues,

Chrysalide éphémère de ma triste vie,

On avait décidé de me faire chuter.

Un cri perçant déchirait le silence et,

Rougi du baiser de la fée chevelue

Sa mélodie cruelle accompagna mon déclin !

Ah comme vous fûtes bonne ma reine

Au regard de ma peine.

Approchant de l'infini des géants,

Aurore pailletée par la faim du néant,

Assimilé aux étoiles, vous me fîtes une place aux côtés de l'ogresse ...

19 Estel

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20 Anne-Lise

 

21 Sarah

Il fallait que je cours, vite. L'étrange cauchemar se poursuivait dans
un rythme fou. Je ne distinguais rien ni personne derrière moi mais je
sentais bien qu'il fallait courir. La ville qui s'offrait à moi était
gigantesque, démesurée, tentaculaire. Du haut de la colline qui la
surplombait, je pouvais apercevoir les milliers de voitures, les
gyrophares de toutes les couleurs, la multitude de gens qui grouillait
dans les rues. Les fenêtres des buildings reflétaient le soleil rasant et
la ville semblait prendre feu. en un bond je dévalais la pente qui me
séparait de cette masse urbaine. l'herbe semblait s'enrouler sous
mes pieds et j'arrivais plus rapidement que prévu dans une des rues
principales. elle était déserte. je soufflais quelques secondes quand
un bruit strident se mit à retentir. Je ne comprenais plus rien. Où
étaient ceux qui me poursuivaient depuis la sortie de l'enterrement ?
Et la foule infernale de cette jungle urbaine? Le bruit assourdissant
me paralysait encore quelques secondes quand je sentis une
présence juste derrière moi et le souffle chaud d'une respiration
venir s'écraser sur ma nuque. Je repris ma course de plus belle. La
foule qui quelques minutes auparavant avait disparu, déambulait de
nouveau tout autour de moi et s'épaississait au fur et à mesure de
mon trajet. Tout en alignant de grandes foulées, je m'aperçus que
tous ceux qui m'entouraient avaient la même expression sur le
visage. Un sourire figé leur mangeait la moitié de la figure. Je ne
pouvais pourtant pas m'arrêter, ils étaient sans doute encore à mes
trousses. En tournant au coin d'une rue, je butais contre un petit
homme qui s'écroula sur le champ. Un masque se décrocha de son
visage. Je continuais à courir. Des masques, ils portent tous des
masques! Mais qu'est ce que c'est que cette mascarade ? Je n'eus
pas le temps d'aller plus loin dans ma réflexion que l'homme que je
venais de bousculer hurla: "IL EST LA !!". La masse informe qui
fondit brusquement sur moi à cet appel, était composée d'un millier
d'hommes sans doute qui, lentement, et tour à tour, arrachèrent leur
masque. Ils révélèrent tous un seul et même visage, le mien.
Abasourdi par ce spectacle diabolique, j'abandonnais toute
résistance et disparu dans l'opacité de ces entrelacs de chair.

22 Anne

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23 Anne-Lise

 

24 Estel

25 Franck

au bout du chemin, découper un bout de ciel,
patchwork noir et blanc,
balayer la terre d'un vent western,
et l'oeil curieux expédie son message;

là, maintenant, crête assombrie par l'orage,
où des nuages comme des compresse de coton se déposent,
l'horizon en sinusoïdales,
et parfois, le soleil déchire la ouate comme un coup de bistouri,
la plaie éphémère se résorbe,
et la cicatrice s'étend d'un bout à l'autre de la main.

Posté par franckd à 15:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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